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Précocité Intellectuelle

Qu’est-ce que la précocité intellectuelle ?

Un Raisonnement performant

L’enfant précoce, ou l’enfant surdoué, ou encore l’enfant à haut potentiel, présente des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne des enfants de son âge. Il fait preuve de compétences très importantes en matière de catégorisation, d’abstraction et de logique. Cela veut dire que la fonction cognitive en charge du Raisonnement est très performante chez lui.

Une Dyssynchronie possible

Cela ne veut pas dire que l’ensemble de ses fonctions cérébrales sont performantes. Un enfant dit précoce peut présenter des difficultés cognitives non focalisées sur l’émotion de type attention ou motricité. Il peut donc avoir du mal à se concentrer ou écrire. Il peut aussi présenter des difficultés cognitives focalisées sur l’émotion de type affect ou social : il peut être triste ou avoir du mal à comprendre les émotions des autres.
C’est ce qu’on appelle la dyssynchronie : l’enfant peut présenter un développement cognitif hétérogène. Si une fonction est particulièrement performante et hors norme (comme le Raisonnement), ce n’est pas forcément le cas des autres qui peuvent être dans la norme voire défaillantes et en-dessous de la norme.

Quels sont les signes de précocité intellectuelle ?

L’enfant à haut potentiel peut présenter certains signes de précocité listés ci-dessous.
Néanmoins, il est rare qu’un enfant précoce présente toutes les caractéristiques listées. Par exemple, certains enfants précoces n’aiment pas forcément lire et préfèrent le sport, ou ne sont pas hypersensibles. D’autres n’auront aucune difficulté de socialisation avec les enfants de leur âge. Tout dépend de la personnalité de l’enfant. Ainsi il y existe autant de "précocités" que d’enfants précoces. Par ailleurs, nombreux sont les enfants dans la norme qui présentent plusieurs des caractéristiques énumérées ci-dessous. Cet inventaire ne saurait donc remplacer une évaluation psychologique.

Un nourrissons éveillé

  • Le bébé est très tonique : il maintient sa tête droite
  • Le bébé est scrutateur et curieux : détermination de la direction du regard, intérêt porté sur l’environnement et réactions vives et pertinentes face aux situations nouvelles
  • Le bébé est petit dormeur : il peut se contenter de nuits courtes
  • Le bébé est communiquant : ses comportements et babillages sont marqués par un vif désir de communiquer

Une compréhension et un langage élaborés

  • Il comprend vite les idées et concepts
  • Il parle très tôt ou s’il parle plus tardivement il parle de façon correcte
  • Il a un vocabulaire riche, précis
  • Ses phrases sont bien construites, leur syntaxe est élaborée pour son âge
  • Il peut avoir beaucoup d’humour

Une curiosité intellectuelle orientée vers des sujets d’adultes

  • Il est extrêmement curieux et montre une grande volonté d’apprendre et de comprendre. Il retient d’ailleurs aisément les notions
  • Il se passionne des sujets tels que la préhistoire, l’astronomie, l’espace
  • Il pose des questions existentielles sur la vie, la mort, le ciel, le monde, l’origine de l’humanité
  • Il s’intéresse aux conversations des adultes. Il est attentif à ce que vous dites et n’hésite pas à vous reprendre, en argumentant ses positions de façon pertinente, sur des sujets qui, en général, ne concernent pas encore les enfants de son âge

Un manque d’attrait pour les activités ou sujets peut stimulants intellectuellement pour lui

  • Il déteste les tâches répétitives car sans intérêt pour lui
  • Si un sujet ne l’intéresse pas, il s’ennuie, il perd rapidement sa motivation et sa capacité d’attention, préférant partir dans ses rêveries et son monde imaginaire

Un attrait pour toute activité stimulante intellectuellement

  • Lecture : il est désireux d’apprendre très jeune à lire et à écrire. Il adore lire. Il peut avoir appris à lire seul, à l’aide de jeux et d’observations. Si ce n’est pas le cas faute de familiarisation précoce avec les livres, lorsqu’il arrivera au Cours Préparatoire, ou même en fin de Grande Section, pour peu qu’on l’y invite, il aura tôt fait de maîtriser la lecture, sans efforts.
  • Jeux : il aime très tôt les jeux de faire semblant ou de construction. Il aime les échecs plus qu’un jeu de société lambda ou le sport.

Une difficulté de socialisation

  • A l’école, il sera parfois isolé car trop en décalage avec ses camarades avec lesquels il n’a pas les mêmes centres d’intérêt, les mêmes jeux.
  • Il préfère la compagnie des élèves plus âgés… qui, eux, ne sont pas forcément ravis de partager leur quotidien avec « un petit ».
  • Pour intégrer un groupe, il pourra faire composition et jouer dans la cour de récré à des jeux de ballons dans lesquels il ne se sent pas à l’aise.

Un rapport conflictuel à l’apprentissage / l’enseignant

  • Il peut se trouver en décalage avec son enseignant quand il ne comprend pas l’intérêt de ce qu’on lui demande, qu’il trouve cela inutile ou trop évident. L’enfant précoce a besoin de sens.
  • Il a tendance à s’ennuyer dès que son esprit n’est pas stimulé intellectuellement. Il manque donc de motivation et de ténacité lors d’apprentissage.
  • Comprenant et retenant les choses rapidement, il n’a jamais appris à faire d’effort. De ce fait, l’apprentissage, quand il devient plus complexe après le primaire et notamment en 4e, devient laborieux. L’enfant manque alors de ténacité face à la difficulté d’apprentissage. Et l’échec est mal supporté vu qu’il n’a jamais été dans cette position.

Des difficultés motrices

Son développement n’étant pas homogène car il a investi plus l’esprit que le corps, il peut parfois présenter des difficultés praxiques.

  • La motricité générale peut être complexe : il est maladroit, a du mal à faire du vélo, a du mal à attraper un ballon dans la cour de récréation.
  • La motricité fine peut également être problématique : il peut avoir du mal à tenir et manipuler les objets de petites tailles comme un crayon, des ciseaux, une règle. L’écriture peut donc être lente et malhabile.

Des difficultés affectives

  • Comprenant les choses rapidement, il peut avoir du mal à les intégrer et les accepter. Par exemple, un petit enfant qui comprend le concept de la mort avant 6 ans peut avoir du mal à gérer émotionnellement ce que cela représente, à savoir la perte de ses parents et sa propre mortalité.
  • Il peut être très empathique, c’est-à-dire capable de ressentir les émotions des autres, et avoir du mal à gérer son ressenti émotionnel.

Comment diagnostiquer la Précocité Intellectuelle ?

Commençons par comprendre comment marche le cerveau...

A chaque instant, notre cerveau effectue un ensemble complexe d’opérations ayant pour but de rassembler et traiter les informations qui lui parviennent. Pour cela, il utilise des outils appelés « fonctions cognitives ». Les fonctions cognitives peuvent se définir comme l’ensemble des activités cérébrales menant au savoir (la cognition). Elles incluent tous les types de mécanismes d’acquisition de l’information à savoir :

  • Les fonctions non-focalisées sur l’émotion : le raisonnement, l’attention, la mémoire, le langage, la motricité, la planification, et d’autres encore
  • Les fonctions focalisées sur l’émotion : les fonctions dites affectives et sociales

C’est grâce à l’efficacité de l’ensemble de nos fonctions cognitives que nous pouvons être au monde et apprendre. Lorsqu’un enfant a du mal à apprendre ou être au monde, c’est que l’une ou plusieurs de ses fonctions cognitives sont défaillantes ou du moins qu’il a du mal à les utiliser.

La complexité du cerveau et de son fonctionnement oblige à explorer les différents domaines qui peuvent avoir une influence sur le rapport au monde et les apprentissages.

Une évaluation du fonctionnement cognitif

L’évaluation avant 6 ans

Avant 6 ans, en cas de suspicion de précocité intellectuelle, l’enfant peut faire l’objet d’une évaluation développementale. Il s’agit d’une évaluation du niveau de développement de l’enfant par rapport aux autres enfants du même âge dans les domaines suivants :

  • Les aptitudes intellectuelles et notamment le niveau de raisonnement non verbal
  • La motricité : fine et globale
  • Le langage : expression et compréhension
  • Les compétences en vie quotidienne
  • Les compétences sociales
  • L’autonomie

L’évaluation développementale permet d’identifier les domaines de compétences et les éventuelles difficultés de l’enfant, de poser des hypothèses diagnostiques, d’orienter et de débuter la mise en place d’aménagements psychopédagogiques.

L’enfant de moins de 6 ans est dans une période phénoménale de développement neuronal et de construction psychoaffective. Les hypothèses diagnostiques posées par l’évaluation développementale seront confirmables vers 6 ans, lorsque l’ensemble des fonctions cérébrales ne seront plus en phase de développement majeur.

Comme les fonctions cérébrales sont en phase de développement, on ne peut pas attendre d’un enfant de 3 ans que ses fonctions langagières soient complètement développées et qu’il fasse preuve d’un raisonnement verbal élaboré. On ne pourra donc pas évaluer cette fonction cognitive de façon effective. Certains fonctions cognitives ne sont pas évaluables avant 6 ans.

Ainsi une évaluation psychologique à l’âge de 6 ans, permettra de confirmer le diagnostic et d’évaluer en profondeur les fonctions cognitives. En attendant, des interventions pourront être mises en place afin d’aider l’enfant à se développer au mieux.

L’évaluation après 6 ans

A partir de l’âge de 6 ans, en cas de suspicion de précocité intellectuelle, l’enfant peut faire l’objet d’une évaluation psychologique. L’évaluation psychologique permet d’évaluer et de mettre en rapport certains aspects de son développement cognitif/cérébral et son développement psychoaffectif.

L’évaluation psychologique cognitive examine certains domaines du développement cognitif. Elle permet donc d’analyser le fonctionnement intellectuel de l’enfant et de confirmer ou d’infirmer l’existence d’un niveau de raisonnement supérieur à la norme grâce à l’analyse des éléments suivants :

  • Raisonnement : verbal, perceptif, cristallisé, fluide, etc.
  • Exécution : mémoire de travail, vitesse de traitement des informations, etc.

Sont aussi analysés, de façon secondaire :

  • Attention : visuelle
  • Mémoire : verbale
  • Motricité fine
  • Habiletés visuospatiales

Suite à cette évaluation, d’autres examens peuvent être proposés pour investiguer d’éventuelles difficultés repérées au cours du bilan (difficultés psychoaffectives, difficultés attentionnelles, exécutives, de langage, de traitement visuospatial ou de motricité).

Quand faire une évaluation ?

Dès lors qu’une précocité intellectuelle est suspectée, une évaluation peut être envisagée. Elle permet de mettre des mots et donner du sens au comportement de l’enfant.

Un facteur déterminant d’évaluation est l’ennui ou le rejet de la scolarité.

Quels sont les objectifs de l’évaluation ?

Les parents ont parfois peur de passer pour des gens prétentieux ou de coller très tôt une étiquette à leur enfant. Néanmoins, l’évaluation de la précocité intellectuelle permet de répondre à plusieurs questionnements :

Qu’elles sont les compétences réelles de mon enfant ?

L’examen permet préciser le type de facilités présentées par l’enfant et de poser un diagnostic ou une hypothèse diagnostique de précocité intellectuelle permettant de :

  • Mieux comprendre votre enfant.
  • Comprendre la nature des facilités de raisonnement rencontrées par votre enfant.
  • Comprendre la nature des éventuelles difficultés rencontrées par votre enfant par exemple au niveau affectif, attentionnel. Ceci permet de comprendre s’il est prêt à un saut de classe.
  • S’assurer que votre enfant pourra s’adapter à un éventuel saut de classe : Quelles sont ses capacités d’apprentissage réelles ? Quelles sont ses difficultés ? Quel est son niveau de maturité affective ? Quelles sont ses capacités d’adaptation sociale ? Présente-t-il une certaine stabilité émotionnelle ?

Comment l’aider à sépanouir au mieux sur les plans scolaire et relationnel ?

L’examen permet de poser les orientations nécessaires pour maximiser les apprentissages et le bien-être de votre enfant. L’objectif est de l’aider à s’épanouir sur les plans scolaire, relationnel et émotionnel. L’examen permet en effet de :

  • Outiller les parents afin qu’ils puissent faire valoir les besoins de leur enfant et obtenir l’aide des services requis
  • Elaborer une prise en charge thérapeutique efficace, adaptée aux éventuelles difficultés de votre enfant : psychothérapie en cas de difficultés affective et sociale, psychomotricité en cas de difficulté motrice, rééducation neuropsychologique en cas de difficulté attentionnelle, etc.
  • Elaborer une prise en charge scolaire efficace, adaptée à votre enfant : aménagements pédagogiques spécifiques à sa précocité et ses éventuelles troubles attentionnels ou moteur, saut de classe, projets d’accompagnement, partenariat avec l’enseignant, etc
  • Donner à votre enfant des mots pour donner du sens aux difficultés auxquelles il fait face comme son ennui, ses difficultés relationnelles ou attentionnelle. En comprenant mieux ce qui le fait souffrir, votre enfant peut se sentir soulagé. Il peut à présent mieux appréhender ses difficultés.

La grande question du saut de classe

Tous les enfants précoces ne sautent pas une classe.
S’il se sent suffisamment stimulé par les aménagements psychopédagogiques mis en place, l’enfant peut rester dans la classe correspondant à son âge. Il s’agit de ne pas le perturber émotionnellement alors qu’il a noué des relations avec ses camarades de classe.
Si les aménagements psychopédagogiques restent insuffisants pour son besoin stimulation, il est alors important d’envisager un saut de classe. En effet, le risque est que l’enfant s’ennuie et désinvestisse la scolarité. Le second risque est que n’apprenant jamais à faire d’effort intellectuel face à la frustration de l’apprentissage (face à la difficulté à apprendre), il soit incapable de fournir plus d’énergie d’apprentissage lorsqu’il arrivera dans des classes supérieures où l’effort intellectuel est bien plus important qu’en école primaire.